L’infection à cytomégalovirus (CMV) est la plus fréquente des infections virales du nouveau-né. Elle concerne 1% des naissances vivantes et c’est la principale cause de malformation congénitale, de retard mental, et de surdité de l’enfant.
Symptômes, transmission, risques et prévention... Voici tout ce qu'il faut savoir sur le CMV.
Le cytomégalovirus (CMV), dénommé human herpes virus 5 (HHV-5), appartient à la famille des herpes virus, qui, comme eux, peut rester latent dans l’organisme.
Lors de la grossesse, une réactivation, une réinfection ou une primo-infection sont possibles et les femmes enceintes les plus à risque, sont celles travaillant au contact de jeunes enfants ou ayant un premier enfant vivant en collectivité, ainsi que celles issues de milieu socioéconomique défavorisé.
Le risque de primo-infection ou de séroconversion est estimé à 1% pendant la grossesse, et plusieurs études ont montré qu’une séroconversion à un âge gestationnel inférieur à 20 SA semble être un facteur de gravité.
La transmission est interhumaine par exposition aux sécrétions corporelles (salive, urine, larmes, lait maternel, sécrétions génitales), la principale source de contamination étant l'excrétion du virus par les enfants en bas âge.
Lorsqu’il existe des signes d’appel cliniques ou échographiques, une infection à CMV doit être recherchée et une sérologie effectuée.
En cours de grossesse, une fièvre, une asthénie, des céphalées, des myalgies, un syndrome pseudo-grippal doivent faire évoquer une infection à CMV même si ces manifestations sont aspécifiques et modérées.
De la même façon, les signes échographiques tels que : un retard de croissance intra-utérin (RCIU), une ventriculomégalie cérébrale, une microcéphalie, des anses intestinales hyperéchogènes, des anomalies cérébrales, qui ne sont pas non plus spécifiques de l’infection à CMV, doivent malgré tout la faire suspecter.
Le diagnostic reposant sur la sérologie, la détermination de la primoinfection à CMV devrait pouvoir être affirmée par la présence d’IgM spécifiques, hors ce n’est pas le cas, les IgM pouvant aussi être détectées dans les infections récurrentes.
Toutefois, il est possible de distinguer l’infection primaire, de l’infection passée ou récurrente, par la mesure de l’avidité des IgG qui permet également de préciser le caractère récent ou ancien de la primoinfection.
Dans les cas avérés d’infection maternelle, seule la présence du virus dans le liquide amniotique établit l’infection fœtale, et la présence de lésions cérébrales visibles sur une imagerie anténatale lui donne une valeur pronostique péjorative.
Parmi les fœtus atteints, 10 % sont symptomatiques à la naissance et présentent un risque important de séquelles neurologiques graves (profond retard psychomoteur, surdité bilatérale profonde).
En revanche, chez les nouveau-nés asymptomatiques, l’atteinte neurosensorielle (surdité) est la plus fréquente et peut survenir tardivement.
Actuellement, il n'existe pas de vaccin ni de traitement efficace contre l'infection à CMV pendant la grossesse. L’interruption de grossesse peut être acceptée pour les formes présentant des atteintes sévères mais elle ne peut être préconisée dans toutes les situations.
D’autre part, le dépistage du CMV n’est pas recommandé pour plusieurs raisons :
Le seul outil efficace pour diminuer le risque d’infection maternelle est la large diffusion des mesures d’hygiène à respecter pendant la grossesse :
L’infection à CMV est la principale cause infectieuse de déficience mentale et de surdité de perception.
A l’heure actuelle il n’existe pas de vaccin, ni de traitement efficace, et l’information des femmes enceintes sur les mesures d’hygiène à respecter, reste la stratégie la plus efficace.
Néanmoins les connaissances sur l’infection à CMV ont nettement progressé et la principale évolution à venir concerne le dépistage néonatal et le traitement anténatal qui devrait voir le jour d’ici quelques années.
En attendant, l’information des couples sur les conseils d’hygiène doit être largement diffusée, conformément aux recommandations du CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens français) dans sa lettre d’information diffusée en juillet 2015.
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Source : réalités en Gynécologie-Obstétrique # 179_Décembre 2015